Le Père Richard témoigne sur sa vocation

Père Richard

Le Père Richard a été aumönier des SUF de Saint-Cloud entre 2007 et 2010

 

Du protestantisme au catholicisme ; de l’Australie à la France !

 

Que Ton Règne Vienne !

 

Je suis né à Adélaïde, la quatrième plus grande ville australienne, le 5 mars 1970 et je suis le dernier de 4 fils.

Ma famille est d’origine protestante et nous avons tous été baptisés dans l’église anglicane. J’ai été baptisé dans l’église anglicane de St Alban’s à l’âge de 8 mois. Mais la pratique de la religion n’était pas très importante dans notre famille et personne ne s’y intéressait vraiment. Mes parents, après une rencontre avec un jeune couple de Témoins de Jehová ont commencé un chemin spirituel qui a mené ma mère vers l’Eglise catholique. J’avais 4 ans à cette époque. Ma mère a souhaité que je sois élevé dans la foi et j’ai donc fait mes études dans une école catholique, où j’ai fait ma première communion.

 

En terminant l’école j’ai voulu étudier la médecine. Pas pour devenir riche, mais pour être un de ces médecins missionnaires qui donnent leur vie pour aider les gens qui en ont le plus besoin en Afrique. Malgré tout mon travail, je n’ai pas obtenu de notes suffisamment bonnes pour être accepté à la faculté de médecine. J’avais déjà dix-sept ans et j’ai décidé de courir un risque : je suis sorti de l’université et peu après j’ai trouvé un travail dans un Burger King. Ça ne m’a pas plu du tout et j’ai changé de travail après seulement une semaine. J’ai ainsi commencé une longue série de petits boulots qui ne m’ont mené nulle part. Dans les uns j’ai tenu trois mois, dans d’autres deux semaines. Je n’ai finalement rien trouvé qui me plaisait. Après toute ces activités, j’ai eu le sentiment qu’il était temps de faire de ma vie quelque chose qui en vaudrait la peine. L’idée d’aller en Afrique pour aider les plus pauvres revenait de plus en plus fréquemment, et j’ai alors commencé des études d’agriculteur pour pouvoir aider une organisation humanitaire.

 

Université d’adélaïde

 

Les années que j’ai passées ainsi resteront les pires de ma vie. J’ai eu des moments de crise quand je me suis rendu compte à quel point j’étais éloigné de Dieu. Je suis tombé dans un engrenage par lequel chaque lundi je prenais la résolution de rester à la maison le week-end suivant et d’aller à la Messe le dimanche. Mais, chaque vendredi je ne pouvais pas résister à la tentation de passer le week-end avec mes amis et aller de fête en fête. Le dimanche, je ne me sentais pas digne d’aller à la messe. J’avais beau être plein de bonnes intentions, je n’arrivais pas à les mener à bien.

 

Le père Richard, le 24 décembre 2005, lors de son ordination sacerdotale

 

C’est à ce moment là que deux éléments nouveaux entrèrent dans ma vie. L’un fut un problème éthique dans mon travail et l’autre une nouvelle fiancée qui était catholique. Elle m’a dit que dans environ six semaines elle partait en Europe faire un voyage qu’elle avait déjà planifié depuis longtemps. Elle m’a dit qu’elle allait à un endroit dont je n’avais jamais entendu parlé, Medjugorge. Alors je l’ai accompagnée ...

 

Les premiers jours à Medjugorge furent un enfer. Les gens pensaient seulement à réciter le chapelet, que je ne connaissais pas du tout ! Mais le cinquième jour, j’écoutais les conversations d’un groupe d’américains. Tout à coup l’idée m’est venue que ce pouvait être moi le sot et pas eux. Ça me semblait très improbable mais alors qu’ils parlaient je me suis plusieurs fois posé la question. Est-ce moi qui dois changer ou eux ? Est-ce que je dois vraiment devenir comme eux ? Cette idée me répugnait.

 

Dans l’après midi, j’ai commencé à monter la montagne et je suis arrivé au sommet quand la lumière avait commencé à baisser. Je me retrouvais seul dans la montagne. Je suis parti au pied de la croix, me suis mis à genoux, j’ai allumé une bougie et j’ai sorti mon chapelet. J’avais à peine commencé mon chapelet quand Celui que j’avais invité est venu. La bataille n’a duré que quelques instants et Dieu l’a gagnée. J’ai amèrement pleuré sur toute ma vie de péché et j’ai demandé à Dieu de m’aider parce que je n’y arriverais pas tout seul. Je lui ai dit "Jusqu’à présent j’ai porté ma vie selon ma propre volonté, et regarde où elle m’a mené. A partir de maintenant je veux que Tu te charges de ma vie. Tu as le contrôle, je te le donne. Dis-moi ce que tu veux et je le ferai. Mais ne me laisse jamais seul, parce que je me perdrais à nouveau. "

 

J’ai cessé de pleurer et j’ai ressenti une paix que je n’avais jamais ressentie auparavant, comme si un énorme poids m’était enlevé des épaules. Je suis descendu de la montagne en priant, en chantant et en riant. Mais maintenant ce n’était plus un rire sarcastique, mais un vrai rire plein de joie et de bonté. Que Dieu est bon ! Le jour suivant je suis parti me confesser pour la première fois en cinq ans puis j’ai assisté à la Sainte Messe.

 

Mon retour en Australie fut un peu difficile. Ma vie commençait à prendre la forme que Dieu voulait. Je commençais à vivre selon sa volonté : la Sainte Messe, le chapelet et la lecture de l’évangile quotidiennement, le jeûne de pain et d’eau tous les mercredis et vendredis et une confession mensuelle.

Parfois, après la Sainte Messe, je restais devant le Tabernacle pour prier et pour lire l’Évangile et quand j’ai lu le passage qui parlait de la moisson et du manque d’ouvriers, l’idée du sacerdoce m’est venue, mais je la repoussais tout de suite. Je ne pouvais pas m’imaginer enfermé dans un séminaire. J’ai d’abord pensé que c’était un lieu où fuyaient les gens qui ne pouvaient pas trouver de fiancée ou un bon travail. De plus si je me présentais au séminaire j’étais certain qu’ils allaient me repousser. Mais un jour une fiancée m’a posé la question : "Tu penses au sacerdoce, oui ou non ?" Je ne savais pas que lui répondre. Elle a insisté : "Tu réponds à la question, oui ou non ?" Je lui ai dit que je ne voulais pas être prêtre, mais que sans que je sache pourquoi, cette idée me poursuivait. Dans le doute, j’ai préféré ne pas l’épouser. J’ai pensé qu’il était préférable de m’assurer d’abord que je n’avais pas la vocation avant de m’engager avec elle.

 

Ainsi j’ai pris la décision de visiter quelques séminaires, et j’ai rencontré la Légion. Le Père Bannon m’a appelé et après lui avoir parlé j’ai été si impressionné que j’ai décidé que si Dieu m’appelait à entrer au séminaire je voulais être avec lui. Je lui ai demandé quelle était la prochaine étape si je voulais en savoir davantage sur la Légion. Il m’a dit que je devais rendre visite aux novices. Là bas je pourrais leur parler, leur poser des questions pour voir si c’était fait pour moi. J’étais là depuis environ quatre jours merveilleux lorsque le Père Bannon m’invita à Nueva York pour rencontrer le Père Maciel. Pour toutes ces raisons j’ai senti que j’avais enfin trouvé ma place, que j’étais né pour ça.

 

Le père Luis Garza, LC, vicaire général de la Légion du Christ, revêt le père Richard de l’étole

 

Je suis entré au séminaire en septembre 1997 et je suis directement parti à Rome pour étudier la philosophie. 2 ans plus tard je suis parti pour commencer mes pratiques apostoliques au Québec. Je suis rentré à Rome trois ans après et j’ai commencé ma théologie. J’ai été ordonné prêtre le 24 décembre 2005 dans la chapelle du centre d’Etudes Supérieures de Rome par le cardinal Noberto Rivera. Aujourd’hui je commence mon ministère sacerdotal en France.

 

En comptant sur vos prières !

P. Richard Greenslade, LC